Phobie de l'avion : l'aide de la réalité virtuelle

Pour beaucoup, prendre l’avion est synonyme de vacances et de détente, tandis que pour d’autres, moins chanceux, ce moyen de transport est une source d’angoisse intense. La phobie de l’avion concerne près d’un tiers de la population. Il existe des solutions efficaces pour s’en débarrasser et profiter pleinement des voyages.

Définition

Qu’est-ce qu’ “avoir peur” ?

Avoir peur est utile, puisque la peur est le système d’alerte du corps qui permet de nous avertir d’un potentiel danger. Elle se manifeste quand la situation semble nous échapper ou lorsque l’on croit que l’on n’a plus aucun contrôle. On peut définir la « peur » comme étant un « sentiment d’angoisse éprouvé en présence ou à la pensée d’un danger, réel ou supposé, ou d’une menace ».

Sur le plan physiologique, la peur se résume à une simple décharge d’adrénaline. Sa conséquence est l’augmentation de la tension artérielle et du pouls de façon à pouvoir prendre ses jambes à son cou le plus vite possible en cas de réel danger. Par ailleurs, la peur permet aussi de stimuler le cerveau afin qu’il trouve une solution à un problème ou à un danger rapidement.  De plus, lorsque l’on a peur, tous les sens sont en alerte dans le but de collecter un maximum d’informations sur la situation qui génère une angoisse.

Qu’est-ce qu’une phobie ?

Une phobie est « une crainte angoissante et injustifiée d’une situation, d’un objet ou de l’accomplissement d’une action ». On classe les phobies dans les troubles anxieux. Lorsque l’on parle de phobie, la peur qui est ressentie n’est plus physiologique car elle n’est pas utile en l’absence d’un danger. Une phobie est une peur pathologique qui doit être prise en charge.

Qu’est-ce que la phobie de l’avion ?

La phobie de l’avion, aussi appelée aérophobie, est une peur déraisonnable de prendre l’avion. L’anxiété survient lorsque le patient prend connaissance d’un voyage prévu en avion. Bien que ces individus sachent que l’avion est le moyen de transport le plus sûr, la peur persiste.

Il est difficile de connaître la ou les causes précises d’une phobie de l’avion. Chez certains individus, on rapporte des antécédents de voyages difficiles (turbulences ou situation d’angoisse dans d’autres moyens de transport). Dans la majorité des cas, il n’existe pas d’antécédents particuliers. En revanche, l’aérophobie est très fréquemment couplée à d’autres phobies de transport.

Symptômes

Les individus souffrant de phobie de l’avion ressentent une anxiété d’anticipation du voyage dès lors qu’ils prennent connaissance d’un voyage planifié. Cette anxiété est de plus en plus importante à mesure que le jour du départ se rapproche, et atteint son paroxysme les heures qui précèdent le vol. Fréquemment, les patients sont insomniaques la nuit qui précède le voyage. L’inconfort est important durant le trajet jusqu’à l’aéroport.

Une fois dans l’avion, l’anxiété diverge selon les conditions de vol et les patients. Elle peut être intense tout le long du vol et associée à des crises de panique, ou bien être fluctuante avec des périodes d’accalmie.

Les phobiques sont en hyper-vigilance toute la durée du vol. Ils prêtent attention à tous les bruits de l’environnement, particulièrement à ceux qui pourraient être inquiétants.

Ce mal-être peut conduire certains individus à totalement éviter les voyages en avion. Il peut aussi être à l’origine d’un handicap professionnel pour les individus amenés à faire des voyages professionnels dans le cadre de leur activité.

Prise en charge

La prise en charge d’une phobie de l’avion dépend du degré de handicap qui y est lié.

Certaines compagnies aériennes proposent ainsi des stages de mise en situation. Celui de Air France, par exemple, se déroule en 3 étapes. La première est la rencontre avec un psychologue qui permet de mieux comprendre l’anxiété et son origine. En effet, un questionnaire est envoyé à tous les participants lors de leur inscription. Peu avant le début du stage, chacun d’entre eux est reçu individuellement pendant environ 45 minutes par un psychologue. Au cours de l’entretien, les réponses aux questionnaires sont analysées et une stratégie pour vaincre l’angoisse est décidée. A noter que cet entretien est facultatif, il revient à chacun de décider de le faire ou non. Ensuite, l’étape 2 est constituée d’une formation à la fois théorique et pratique au centre de formation technique des pilotes. Cette phase dure 7h30. Une première partie est consacrée à l’intervention de divers spécialistes (spécialiste du stress aéronautique, hôtesse ou steward, un pilote). La seconde partie est dédiée à la pratique à bord d’un simulateur. Il est ainsi possible de vivre toutes les conditions de vol comme des turbulences, par exemple. Chacun reçoit un livre « Comment ne plus avoir peur en avion » à la fin du stage.
Enfin, les participants bénéficient d’un suivi personnalisé après le stage avec une possibilité d’échanger avec des professionnels pour toutes questions. Pour s’inscrire, il suffit de s’inscrire par mail. Il y a plusieurs sessions par mois. Elles ont lieu au centre technique de formation des pilotes Air France, aux aéroports Paris-Charles de Gaulles et Paris-Orly. Le stage coûte 680 euros.

Lorsque l’angoisse est trop importante, et handicape le patient, une prise en charge par un psychologue ou un psychiatre devient impérative. En cas d’impact trop important sur la qualité de vie des patients, les phobies nécessitent, en effet, une prise en charge adaptée. Les thérapies cognitivo-comportementales associées à certaines techniques de relaxation ont déjà fait leurs preuves dans le domaine des phobies. La psychothérapie employée est choisie en fonction des besoins de chaque patient. Ainsi, lorsque le patient souhaite supprimer rapidement les symptômes de sa phobie, une thérapie cognitivo-comportementale semble plus adaptée. Cette thérapie consiste à exposer progressivement le patient à l’objet ou la situation qui déclenche sa peur jusqu’à ce qu’il parvienne à contrôler son anxiété. Les patients peuvent obtenir un soulagement de leurs symptômes en quelques séances. Si le patient souhaite, en revanche, effectuer un travail plus en profondeur sur lui-même afin de découvrir l’origine de sa phobie et surtout la traiter en profondeur, il pourra expérimenter une thérapie analytique, plus longue. L’hypnothérapie peut également être employée.

Le recours aux médicaments est rare dans la prise en charge des phobies. Une seule d’entre elle, la phobie sociale y a recours en traitement de fond. Cependant, en cas de manque de temps dû à un vol planifié, il est possible d’avoir recours à des anxiolytiques. A noter que les anxiolytiques, généralement des benzodiazépines, sont des molécules avec un fort risque de dépendances. Il est donc vivement recommandé de ne pas y avoir recours au long terme, ou de ne pas les considérer comme une solution définitive.

En alternative aux médicaments, il est possible d’avoir recours à certaines techniques de relaxation. Elles sont généralement centrées sur la respiration, et la détente musculaire. L’objectif est de détourner son esprit de l’objet de l’angoisse, soit en faisant le vide dans ses pensées, soit en se créant des pensées rassurantes. Il est conseillé de réaliser les premières séances avec un professionnel qualifié afin d’apprendre les bons comportements qui soulageront efficacement l’angoisse. Les exercices sont ensuite parfaitement réalisables seul au besoin.

Charline D., Docteur en pharmacie

Source : santé sur le net

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